vendredi, 12 janvier 2007
Mythologies
Il ne mène pas la vie d’un homme celui qui ne s’interroge pas sur lui-même. De cette maxime socratique, Jean-Pierre Vernant en avait fait non une religion mais un sacerdoce.
Reçu major à l’agrégation de philosophie, en 1937, comme son frère deux auparavant - le fait est suffisamment rare pour être signalé – grand philosophe, il l'a été assurément. Non pas de ceux qui en porte le label en sautoir comme le Saint Sacrement, à l’image d’un trop grand nombre de nos littérateurs d'aujourd'hui, mais qui prennent place parmi ces militants de la Sagesse pour lesquels l’intelligence se paie du prix de l’action.
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vendredi, 15 décembre 2006
Sartre : la vérité est infinie
Il est toujours très difficile de parler d’une œuvre dont le sujet est un personnage que l’on a connu, et encore plus lorsqu’on a cotoyé l’un des auteurs – en l’occurrence Michel Contat avec lequel j’ai eu l’occasion de débattre sur un plateau de télévision ou à Caen lors du centenaire de l’auteur des Mots.
Aussi, m’étais-je abstenu de donner une appréciation détaillée sur le téléfilm de France 2, Sartre, l’âge des passions. Mais l’avalanche de courriels me rappelle à la raison critique.
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lundi, 11 décembre 2006
Sartre, l'âge des passions
Après les Amants du Flore, diffusé le 15 avril dernier sur France 3, à voir, ce soir et demain, sur France 2, Sartre, l’âge des passions, le second téléfilm que le service public consacre au philosophe de la Liberté.
Les auteurs ont repris le parti de l’humanité du personnage que j’avais introduite dans son portrait biographique et choisi la période allant de 1958 à 1964, celle de l’engagement politique et, notamment, de la guerre d’Algérie, sa guerre, pour reprendre le propos de Roland Dumas.
A signaler le prodigieux travail d’acteur de Denis Podalydès dans le rôle titre. Toutefois, il faut regretter l’insuffisance de trame romanesque pour un film de cette ampleur (deux fois 90 mm) diffusé à une heure de grande écoute.
Petite anecdote à propos du scénario écrit par Michel-Antoine Burnier et Michel Contat : il a été revu, plusieurs fois, par notre Premier ministre, poète à ses heures, sur l’entremise de BHL.
Dominique de Villepin membre de la tribu sartrienne ! Les Mots manquent pour exprimer ma pensée.
Photo : France 2
12:09 Publié dans Culture, Littérature, Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, philosophie, littérature
vendredi, 24 novembre 2006
Présidentielle : L'utopie antilibérale
Depuis la désignation de Ségolène Royal, la gauche antilibérale se sent pousser des ailes. Pour un peu, le Grand soir serait à portée d’urnes, ce qui provoque dans ses rangs de subites, et sincères, vocations sacrificielles en faveur de la grande Cause.
Chacun entend faire don de sa personne pour mener les troupes à la lutte finale qui, en fait, se révèle plutôt une lutte aux couteaux.
Le PCF profiterait bien de la situation pour se refaire une santé afin de peser dans les, inévitables pour lui, négociations électorales avec son frère ennemi socialiste. Idem pour Les Verts. José Bové, quant à lui, se rêve d’entre intronisé ultime recours, ayant constaté combien les fauteuils des plateaux de télévisions sont plus confortables que son tracteur. Et, petite dernière, Clémentine Autain dont le joli minois vaut bien le sourire plaqué de la Dame du Poitou.
06:20 Publié dans Philosophie, Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle, parti socialiste, PS, ségolène royal
jeudi, 26 octobre 2006
L'abus d'un "psy" nuit à l'intelligence
Jean Paulhan, s’il était encore de ce monde et avait reçu le manuscrit, l’aurait aussitôt retourné à l’auteur avec une de ses légendaires annotations : Le titre est parfait, tout le reste est à revoir. Nul doute que l’éditeur de Serge Tribolet ne connaissait pas le mythique directeur littéraire de Gallimard. Aussi, nous donne-t-il à lire un de ces non-livres que le service de presse nous présente, pompeusement, comme un « essai qui devrait marquer les esprits. »
En fait d’esprit, la lecture de ce petit opus nous fait perdre la tête, ce qui est fâcheux quand on sait qu’il est rédigé par un psychiatre des hôpitaux qui ne craint pas de dédoubler sa personnalité en se préfaçant lui-même à l’intention des lecteurs, aventuriers, tentés de le lire entre les lignes : « Dans ce livre, il est question de science et de psychologie. » En un sens, l’essayiste à raison de préciser, d’entrée de jeu, l’objet de son discours car celui-ci apparaît très ténébreux par la suite.
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mercredi, 11 octobre 2006
GAUCHE/DROITE : pour Bourdieu
J’avoue avoir été très amusé par l’agitation de la blogosphère, transpirant dans la presse, à la suite de la publication d’une partie d’un interview vidéo de Pierre Bourdieu mettant en cause la compagne de François Hollande.
A pensée primaire, raisonnement simpliste. Pour les uns, Ségolène est bien de droite ; la preuve : Bourdieu le dit. Pour les autres, il s’agit d’un crime de lèse ségolisme (je n’ai pas écrit royalisme pour pas faire de peine à Furgole), voir d’un délit de sale gueule fomenté par les adversaires de la députée des Deux-Sèvres qui, à court d’éléments, convoqueraient à la rescousse l'argumentaire tronqué d’une sociologie de comptoir.
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mardi, 03 octobre 2006
Interdit !
Dans un état démocratique nous ne pouvons admettre qu’’il puisse être porté atteinte à la vie d’un homme à cause des idées qu’il exprime, fussent-elles injustes ou partisanes.
Il faut donc condamner, sans réserve, les menaces dont Robert Redeker fait l’objet pour une tribune sur l’Islam, publiée par Le Figaro. Toutefois, chacun connaît, ou devrait connaître, l’islamophobie dont le professeur de philosophie est coutumier. Déjà le 22 novembre 2001, dans une opinion du Monde, il relevait qu’aucune idéologie n'est plus rétrograde que l'islam, et, par rapport au capitalisme dont les Twin Towers, dans leur majestueuse beauté figuraient le symbole, la religion musulmane est une régression rebarbarisante. Et, peut-être, pourrait-on attendre d’un philosophe une articulation un peu plus fine dans ses jugements que celle de voir en « Jésus un maitre d’amour » et en « Mahomet un maître de haine. »
J’ai eu l’occasion de le dire ici, la liberté d’expression est absolue et ne peut fluctuer en raison des caprices du temps. Pour autant, parce qu’il est en situation dans son époque, pour reprendre une expression du fondateur des Temps modernes dont Redeker est aujourd’hui membre du comité de rédaction, l’intellectuel a une responsabilité particulière dans ses propos : celle de faire sens en prenant garde de ne pas confondre le monde des passions avec celui de la raison.
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mercredi, 20 septembre 2006
Ségolènades
Les formules à l’emporte-pièce seraient-elles la marque de fabrique de tout président du Conseil régional de Poitou-Charentes ?
Jean-Pierre Raffarin avait ses raffarinades. Pour mémoire je vous en ressors une, pas piquée des vers : « les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints » (à propos du débat sur les pensions de réversion). Ségolène Royal, qui réunissait hier ses troupes à Bondy pour donner ses leçons de désir d’avenir, semble suivre la voie tracée par son illustre prédécesseur..
11:40 Publié dans Philosophie, Politique, Présidentielle, Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, ségolène royal, segolene, parti socialiste, Royal
lundi, 12 juin 2006
Quand Villepin passe le bac
Chacun sait combien notre flamboyant Premier ministre est un littéraire dans l’âme n’hésitant pas à taquiner de la plume à la gloire napoléonienne, voir à celle de la gargouille.
Aussi, n’a-t-il pas manqué de nous faire part du choix qui aurait été le sein s’il avait été candidat bachelier. Parmi les trois sujets de la série L, il aurait répondu à cette belle question « Cela a-t-il un sens de vouloir échapper au temps ? »
Nul doute qu’après les épreuves traversées à Matignon, une telle interrogation n’est pas sans signification pour Dominique de Villepin.
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mardi, 30 mai 2006
Nazisme et responsabilité
« Je ne pouvais manquer de venir ici. Je devais venir. C'est un devoir vis-à-vis de la vérité (…) et comme fils du peuple allemand --le fils de ce peuple sur lequel un groupe de criminels a pris le pouvoir par le biais de fausses promesses de grandeur future et de retour à l'honneur, l'importance et la prospérité de la nation, mais aussi à travers la terreur et l'intimidation, avec pour résultat que notre peuple a été utilisé et abusé comme un instrument de leur soif de destruction et de pouvoir. »
Pour avoir prononcé ces paroles lors de sa venue au camp d’extermination d’Auschwitz, le pape Benoît XVI serait suspecté d’exonérer le peuple allemand de sa responsabilité dans la Shoah.
Ainsi, Riccardo di Signi, grand Rabbin de Rome, a-t-il répliqué : « Je ne suis nullement convaincu par l'interprétation concernant le peuple allemand, comme s'il était lui-même victime et non pas du côté des persécuteurs. »
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