jeudi, 08 février 2007
Il a 150 ans, Madame Bovary
A l'occasion du procès de Charlie-Hebdo, il n’est pas inutile de se remémorer un autre 7 février judiciaire, celui de 1857. Il y a 150 ans Gustave Flaubert était jugé par la 6ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, prévenu d’outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs pour avoir écrit Madame Bovary.
Selon les magistrats de l’époque, la mission de la littérature doit être d'orner et de récréer l'esprit en élevant l'intelligence et en épurant les mœurs plus encore que d'imprimer le dégoût du vice en offrant le tableau des désordres qui peuvent exister dans la société.
On lira, avec intérêt, le réquisitoire du substitut Ernest Pinard, le même qui requit contre Baudelaire, ainsi que le jugement de relaxe publié à sa suite par la bibliothèque de Lisieux.
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vendredi, 15 décembre 2006
Sartre : la vérité est infinie
Il est toujours très difficile de parler d’une œuvre dont le sujet est un personnage que l’on a connu, et encore plus lorsqu’on a cotoyé l’un des auteurs – en l’occurrence Michel Contat avec lequel j’ai eu l’occasion de débattre sur un plateau de télévision ou à Caen lors du centenaire de l’auteur des Mots.
Aussi, m’étais-je abstenu de donner une appréciation détaillée sur le téléfilm de France 2, Sartre, l’âge des passions. Mais l’avalanche de courriels me rappelle à la raison critique.
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lundi, 11 décembre 2006
Sartre, l'âge des passions
Après les Amants du Flore, diffusé le 15 avril dernier sur France 3, à voir, ce soir et demain, sur France 2, Sartre, l’âge des passions, le second téléfilm que le service public consacre au philosophe de la Liberté.
Les auteurs ont repris le parti de l’humanité du personnage que j’avais introduite dans son portrait biographique et choisi la période allant de 1958 à 1964, celle de l’engagement politique et, notamment, de la guerre d’Algérie, sa guerre, pour reprendre le propos de Roland Dumas.
A signaler le prodigieux travail d’acteur de Denis Podalydès dans le rôle titre. Toutefois, il faut regretter l’insuffisance de trame romanesque pour un film de cette ampleur (deux fois 90 mm) diffusé à une heure de grande écoute.
Petite anecdote à propos du scénario écrit par Michel-Antoine Burnier et Michel Contat : il a été revu, plusieurs fois, par notre Premier ministre, poète à ses heures, sur l’entremise de BHL.
Dominique de Villepin membre de la tribu sartrienne ! Les Mots manquent pour exprimer ma pensée.
Photo : France 2
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vendredi, 08 décembre 2006
Pascal Sevran : le temps des conneries
Je me suis assigné, aujourd’hui, une mission impossible, celle de défendre Pascal Sevran a qui l’on reproche, non sans fondement, une interview dans Var matin où l’écrivain glamour affirmait : L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète !
Le tout au sujet d’une phrase extraite de son livre Le temps des jonquilles, paru en janvier 2006 : La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique qui était, jusque là, passée inaperçue des critiques comme des lecteurs.
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mercredi, 29 novembre 2006
France, ta culture fout le camp !
Demandez-vous ce qu’il adviendra, dans dix ans, d’une génération élevée à la Star Academy, aux séries américaines, sitcoms de M6, paroles creuses d’un Stéphane Bern, émissions vulgaires de Rire et chansons. Avec comme horizon les jeux vidéos et, comme unique ouverture sur le monde, les téléphones portables et les messageries instantanées où sévissent les sabirs de plus en plus hermétiques.
Eh bien, lorsqu’un esprit lettré, un fou, évoquera les Pensées de Pascal, son interlocuteur sera convaincu qu’il est question du dernier chanteur à la mode.
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jeudi, 02 novembre 2006
Prix littéraires : le temps des femmes
Le crêpage de chignons de ces dames du Femina, sous les lambris dorés de l’Hôtel de Crillon, n’en finit pas de faire sourire le landernau germanopratin, tout en émoi en ces périodes où les prix viennent booster des ventes en grande déprime.
Entre le tartare de bœuf de Bavière et le baba au rhum de la brasserie du Lutetia, grande cantine de l’édition française, un directeur littéraire me résumait parfaitement l’incident : « Enfin Régine Desforges a démissionné pour de bon. Deux places sont à prendre dans le jury. »
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jeudi, 26 octobre 2006
L'abus d'un "psy" nuit à l'intelligence
Jean Paulhan, s’il était encore de ce monde et avait reçu le manuscrit, l’aurait aussitôt retourné à l’auteur avec une de ses légendaires annotations : Le titre est parfait, tout le reste est à revoir. Nul doute que l’éditeur de Serge Tribolet ne connaissait pas le mythique directeur littéraire de Gallimard. Aussi, nous donne-t-il à lire un de ces non-livres que le service de presse nous présente, pompeusement, comme un « essai qui devrait marquer les esprits. »
En fait d’esprit, la lecture de ce petit opus nous fait perdre la tête, ce qui est fâcheux quand on sait qu’il est rédigé par un psychiatre des hôpitaux qui ne craint pas de dédoubler sa personnalité en se préfaçant lui-même à l’intention des lecteurs, aventuriers, tentés de le lire entre les lignes : « Dans ce livre, il est question de science et de psychologie. » En un sens, l’essayiste à raison de préciser, d’entrée de jeu, l’objet de son discours car celui-ci apparaît très ténébreux par la suite.
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vendredi, 29 septembre 2006
Souffrir pour travailler
On n’aurait pu croire que le progrès technique libérerait l’homme de son aliénation au travail. Mais aux cadences, chaînes de production et rendement a succédé l’ère de la « gestion humaine » où règne le culte du chiffre : celui des ventes, des effectifs, des marges et, bien sûr, des dividendes.
De tout temps l’entrepreneur a cherché la meilleure façon d’optimiser la productivité. A l’organisation rationnelle du travail se sont agrégées les méthodes aptes à susciter l’investissement du salarié dans son labeur. Est ainsi apparue la « culture d’entreprise. » Gare à celui qui ne peut ou ne veut y adhérer. Tout sera fait pour qu’il rentre dans le moule ou en soit irrémédiablement exclu. L’entre deux, le libre arbitre n’est plus de mise. Le harcèlement moral est devenu une norme perverse de la nouvelle « gouvernance managériale » comme on dit maintenant.
Le docteur Dorothée Ramaut est médecin du travail. De juin 2000 à janvier 2006 elle a tenu fidèlement un journal de ses consultations dans un hypermarché, de ce qu’elle y a vu et entendu. (Dorothée Ramaut – Journal d’un médecin du travail – le cherche midi)
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vendredi, 08 septembre 2006
Désirs d'avenir : Royal panne
Tout ceux qui chroniquent dans le domaine de la littérature avaient reçu, bien avant les vacances, les avis de parutions envisagées pour la rentrée. Chez Flammarion, Désirs d’avenir était annoncé pour le 8 septembre. Un livre de 252 pages (c’est précis) au prix de 17 €.
L’éditeur indiquait, dans sa présentation : Consciente de l’urgence des réponses à apporter pour encourager ou réorganiser les énergies dans une France en proie au doute, Ségolène Royal veut convaincre par la preuve, non par des discours fracassants. Loin des effets d’annonce de certains de ses confrères, elle propose une réflexion sur l’exercice du pouvoir près des réalités et des attentes de la population.
16:30 Publié dans Littérature , Politique , Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, politique, ségolène royal, litterrature, ségolène, parti socialiste
mercredi, 06 septembre 2006
Colonisation : les maux des mots
Pauvre Alain Rey. Après avoir été débarqué de la matinale de France-Inter, voici maintenant qu’on lui cherche des (colonies de) poux dans la tête à propos de la 40ème édition du célèbre dictionnaire « Le Robert. »
Le CRAN et le MRAP se sont érigés en agents prophylactiques à l’encontre d’un insupportable virus qui se serait introduit dans l’article COLONISATION.
Ils dénoncent, ainsi, une des définitions proposées : « mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies » dans laquelle ils voient un cautionnement de l’action de coloniser.
19:15 Publié dans Culture , Littérature , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : litterature, politique






























