mercredi, 13 décembre 2006
Clearstream : le vent du soupçon
Clearstream rejoindra, donc, la cohorte des affaires ayant rythmé les deux mandatures de la chiraquie. Après les frais de bouche de la mairie de Paris, les emplois fictifs, les HLM de Paris, les marchés publics truqués, et j’en passe, l’histoire des faux listings bancaires reproduit l’immuable scénario : celui de voir traduit devant les tribunaux de simples lampistes tout en laissant, soigneusement, de côté ceux qui, à un titre ou un autre, en tireraient les ficelles depuis nos Palais nationaux.
Seule certitude : l’origine de cette épopée trouve naissance dans une lutte entre Noël Forgeat et Philippe Camus pour la présidence du groupe EADS avec à la manœuvre son vice-président, Jean-Louis Gergorin. Il s’en suit un travail de faussaire mettant en cause des personnalités politiques de premier plan, dont Nicolas Sarkozy, avec comme toile de fond l’enquête que le journaliste Denis Robert avait consacrée à la chambre de compensation luxembourgeoise et qui lui vaudra d’être mis en examen.
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lundi, 22 mai 2006
Sir Rondot homme de lettres
Nous savons que nos vénérables hermines se targuent volontiers de littérature. Certains, même, taquinent la prose avec plus ou moins de bonheur. Et bien des procès-verbaux confinent au chef d’œuvre dont Ubu roi pourrait revendiquer, sans mentir, la paternité.
S’il est des instructions qui n’ont rien à envier au romanesque, jamais encore le cabinet d’un juge n’avait été pris pour un salon littéraire.
C’est, aujourd’hui, chose faite grâce au général Rondot qui a su remédier à ce qui aurait pu devenir un irréparable oubli.
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dimanche, 21 mai 2006
Clearstream : aux ordres !
Le barreau de Paris a ouvert une enquête déontologique afin de déterminer si Thibault de Montbrial, avocat de Jean-Louis Gegorin, a manqué à ses devoirs professionnels en remettant la première anonyme au juge Van Ryumbeke dans le scandale d’Etat Clearstream.
20:14 Publié dans Clearstream, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
jeudi, 18 mai 2006
Clearstream : psyshow l
Aujourd’hui est un jour à marquer d’une pierre blanche pour tous les protagonistes du scandale d’Etat Clearstream. Pour un peu, les journalistes ne savaient plus où donner de la plume.
Les juges ont attendu, en vain, Philippe Rondot, qui avait préféré se confier au Journal du dimanche. Et c’est dans Le Parisien et Libération que Jean-Louis Gergorin avoue être l’auteur de la première lettre anonyme.
Renaud Van Ruymbeke, qui s’était pris les pieds dans le tapis procédural pour l’avoir rencontré en secret chez son avocat, était convoqué par l’Inspection générale des services judiciaires, après avoir reçu la confirmation que sa nomination comme président de chambre à la Cour d’appel de Paris était suspendue.
En même temps, Le Monde publie des extraits de son audition, couvert par le secret de l’instruction, chez ses collègues d’Huy et Pons.
Dans ce tourbillon qui peine à déceler les manipulateurs des manipulés on en oublie presque l’essentiel de l’affaire : qui sont les intermédiaires, industriels et politiques, qui ont perçu la bagatelle de 900 millions d’euros de commissions occultes pour la vente de Frégates à Taiwan en 1991 ?
Parmi tous les secrets qui paraissent voler en éclat, il en est un bien tenace qui, lui, ne sera jamais levé : le secret défense sur les conditions de cette transaction dans lesquelles figurent les noms des bien réels, et heureux, bénéficiaires.
La vérité est au fond de l’abîme disait Démocrite.
Dessin : Delize
23:00 Publié dans Clearstream, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
mercredi, 17 mai 2006
Les mains sales
Parce que, non sans pertinence d’ailleurs, François Bayrou a franchi le Rubicon et voté la motion de censure soutenue par l’opposition contre le gouvernement, d’aucun y voit un improbable rapprochement du Centre droit, notammemt du chef de l’UDF, avec les socialistes.
Certes, l’idée n’est pas nouvelle. Elle fut celle de François Mitterrand en mai 1988 avec l’Association des Démocrates, crée de toutes pièces par l’Elysée (j’en ai moi-même déposé les statuts à la Préfecture la veille du second tour de la présidentielle !), qui a permis la récolte de ministres "d’ouverture" comme Michel Durafour, Thierry de Beaucé ou Jean-Pierre Soisson.
Sur le temps, ce recentrage n’eut guère plus de succès que la gauche plurielle.
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lundi, 15 mai 2006
La dictature médiatique ?
Dans son dernier éditorial Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, prévient ses lecteurs d’une possible, et prochaine, perquisition dans ses locaux, à la suite de la plainte contre X déposée pour violation du secret de l’instruction dans l’affaire Clearstream.
En effet, le quotidien du soir a amplement reproduit les extraits tant de procès-verbaux d’auditions que de pièces placées sous scellées relatant la machination dont le ministre de l’Intérieur aurait été victime.
Tous ses confrères lui ont emboîté le pas. Le Point n’a pas manqué de relever que Nicolas Sarkozy avait bien été prévenu de l’entourloupe le visant, en laissant faire, et Libération, dans son édition de samedi, retranscrit la teneur des notes de la DST montrant que Dominique de Villepin, alors en poste place Beauvau, avait sciemment, omis de tenir compte de la fausseté des listings mettant en cause le président de l’UMP, son adversaire potentiel dans la course à la présidence de la République.
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vendredi, 12 mai 2006
L'ontologie du secret
Pour avoir rencontré, dans le secret d’un cabinet d’avocats, Jean-Louis Gergorin, le juge Renaud Van Ruymbeke se retrouve, à son tour, dans la tourmente.
Sa prochaine nomination comme président de chambre à la Cour d’appel de Paris a été bloquée par le CSM et Pascal Clément s’est empressé de saisir l’Inspection générale des services judiciaires tout en demandant une enquête sur la violation du secret de l’instruction, les procès-verbaux d’auditions et les pièces saisies, notamment les carnets du général Rondot, s’étalant dans tous les journaux.
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mercredi, 10 mai 2006
Chirac avec des baguetttes
Décidemment, l’affaire Clearstream n’en finit pas de faire des remous. Aujourd’hui, Le Canard enchaîné, toujours bien informé, revient dessus en désignant le fameux corbeau : Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS qui vient de se démettre de ses fonctions, ami de Dominique de Villepin.
Rendons justice à Jean-Pierre Chevènement d’avoir situé l’enjeu premier de cet extraordinaire scandale d’Etat : une lutte pour la présidence de ce complexe militaro industriel entre Philippe Camus, à la tête du groupe, et Noël Forgeard, alors directeur d’AIRBUS, que Chirac voulait voir nommer à la place de ce dernier.
17:05 Publié dans Clearstream, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
vendredi, 05 mai 2006
Clearstream : tous victimes
Lors de la convention sur la justice de l’UMP, le président du parti majoritaire a annoncé, non sans démagogie, son souhait de voir créer « un juge des victimes. »
Si un tel improbable magistrat existait aujourd’hui, il aurait du souci à se faire avec Clearstream, tant cette affaire paraît une ode à la victimologie.
Jusqu’à présent, aucun coupable. Mais tous les principaux protagonistes se lamentent de se voir jeter à la vindicte publique.
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mercredi, 03 mai 2006
Clearstream : La machine infernale
« Trop, c’est trop » a dit le Premier ministre, en réponse mardi à une question au gouvernement d’Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, qui l’interpellait sur l’affaire Clearstream.
Effectivement, Dominique de Villepin parle d’or. C’est exactement ce que pense l’opinion publique, tant en France qu’à l’étranger.
Le citoyen regarde médusé cette lutte intestine que se livre un triumvirat, ayant confisqué le pouvoir, dont l’unique téléologie est de cultiver une détestation ostentatoire l’un envers les autres, avec un président de la République en otage des haines, et velléités personnelles, de son chef de gouvernement et de son ministre de l’Intérieur.
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