mercredi, 07 février 2007

Caricatures : Faux procès

medium_Charlie_hebdo.caricatures.jpgC’est un faux procès qui se déroule, aujourd’hui et demain, devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. La Grande mosquée de Paris et l’UOIF assignent Charlie-Hebdo pour avoir diffusé des caricatures de Mahomet, reprises par nombre de ses confrères qui ne sont pas poursuivis, déjà publiées par le journal danois Jyllands-Posten ainsi qu’un dessin de Cabu où le Prophète se lamente de n’être aimé que par des cons.

Les plaignants y voient une injure stigmatisant un groupe de personnes en raison de sa religion.

J’ai eu, ici, l’occasion d’écrire ce que je pensais de l’initiative de Philippe Val.

Toutefois, n’en déplaise aux protagonistes, il s’agit là d’un mauvais procès destiné à déboucher sur une impasse.

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jeudi, 16 février 2006

Tortures : de Guantanamo à Abou Grahib

Décidemment, le monde libre a quelques problèmes avec ses libertés constitutionnelles.


Après la divulgation, au Royaume-Uni, d’une bande vidéo montrant des soldats britanniques massacrer des adolescents iraquiens à Bassorah, des experts de la Commission des droits de l’homme de l’ONU doivent rendre public un rapport sur les sévices dont sont victimes les détenus de Guantanamo Bay.  Les Etats-Unis ont toujours refusé que le Comite International de la Croix-Rouge s’entretiennent, confidentiellement, avec les personnes incarcérées au mépris des règles du droit international et particulièrement de la Convention de Genève.


Mais un nouveau scandale ou, plus exactement, une escalade dans l’abjection vient d’être franchie par la révélation, mercredi soir sur la chaîne de télévision australienne SBS, des photos d’exactions subies par les prisonniers du centre de détention d’Abou Grahib, en Irak, sous contrôle américain

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lundi, 13 février 2006

Islam : entre réalité et fantasme

Les Musulmans constituent la deuxième religion de France. Les jeunes originaires du Maghreb, ancienne terre coloniale, nés sur notre sol, sont français. Pourtant, au pays des droits de l’homme, les uns et les autres considèrent ne pas avoir, dans les faits, la même égalité de droits, celui de culte pour les premiers, de citoyenneté pour les seconds.

De la résolution de cette situation paradoxale dépend la paix publique et la concorde. C’est à cette tâche qu’il convient de nous atteler dans une attitude de compréhension mutuelle.

La société de demain ne sera ni judéo-chrétienne, ni islamique mais reste à construire tous ensemble, croyant, agonistique ou athée, afin que chacun puisse vivre libre dans le respect de l’autre.

A une époque où la réflexion philosophique est déchue au rang d’une technique de communication, la tentation est grande, en Orient comme en Occident, de dénier la réalité de cet inconnu. Aussi, sommes-nous enclin à revisiter les vieux fantasmes d’un passé révolu : le mythe d’une occidentalisation du monde arable, comme seul porteuse des valeurs démocratiques universelles, et celui d’un réinvestissement du religieux, dans sa version moyenâgeuse, pour se prémunir de toute tentative de modernité.

Dans ce contexte, la provocation gratuite, j’insiste sur ce mot, du Jyllands-Posten, n’avait rien à voir avec la défense de la liberté de la presse ; comme les manipulations intégristes sont totalement étrangères au droit, absolu, de chaque homme et femme, sur cette terre, de choisir librement, et d’assumer, sa vie.

« L’homme est responsable du monde et de lui-même » rappelait Sartre.

Dessin de Delize

Liberté d'expression

Décidemment, ces derniers temps, la liberté se porte plutôt bien. Tout le monde est au petit soin avec elle, jamais son nom ne fut autant honoré. Liberté d’expression, de penser, de prier, de critiquer, voire de haïr, il y en a pour toutes les religions lesquelles, justement, sont sur la sellette.


Les 12 caricatures du prophète Mahomet n’en finissent pas de faire couler beaucoup d'encre dans nos journaux. Situation d’autant plus paradoxale qu’on remonte aux Lumières pour combattre la censure en passe de s’instiller dans nos rédactions, non pas du fait d’un prince despotique, mais en vertu d’anathème religieux ou, plus exactement, de fatwa, nouvelle marque d’apostasie moderne. Pour un peu on se croirait revenu cent ans en arrière, en plein débat sur la loi de séparation des églises et de l’Etat.


Nos libres apôtres voient notre démocratie gangrenée par les révoltes d’intégristes s’ébrouant de l’autre côté de la Méditerranée. Les concepts à l’articulation fine célébrés par Deleuze n’étant pas leur fort, ils convoquent une résistance sans faille contre une tentative d’invasion idéologique de quelques mollahs, en odeur de sainteté dans les régimes dictatoriaux du Proche Orient. Quant à ceux formulant des réserves sur cet emballement guerrier, et invitant à la mesure, ils se voient convoqués au tribunal de l’histoire et estampillés de « munichois. » L’illustration en est donnée par les propos de mon ancien petit camarade Max Gallo.

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samedi, 11 février 2006

Jyllands-Posten : au nom d'Alah !

Le journal Jyllands-Posten, qui avait publié les 12 caricatures du prophète Mahomet, s’était excusé pour l’offense ressentie par les musulmans.

Une lettre, en ce sens, transmise à la presse algérienne par l’ambassade du Danemark à Alger, a été reprise par deux journaux algérois et figure sur le site du quotidien danois, traduite en anglais, français, allemand, espagnol et arabe.

Toutefois, une dépêche AFP indique que cette dernière traduction révèle une différence notable avec l’original, et les autres versions : elle se termine par cette formule : « Et qu’Allah agrée notre démarche. »

Que la publication des satires ait été une balourdise est une réalité mais qu’il faille, maintenant, sombrer dans la flagornerie ne grandit pas leurs auteurs.

Nous pourrions, au moins, attendre de ces laudateurs de la liberté d’expression qu’ils assument les conséquences de leurs actes, aussi bien pour avoir succombé aux tentations de la provocation que pour reconnaître franchement, ensuite, leurs erreurs, sans pour autant en appeler à un Dieu qui leur est étranger

Le temps est révolu où Jean Genet pouvait écrire que « le créateur s'est engagé dans une aventure effrayante, qui est d'assumer soi-même, jusqu'au bout, les périls risqués par ses créatures. »

vendredi, 10 février 2006

Charlie Hebdo : mou de la bite

Alors que le journal danois Jyllands-Posten présente ses excuses, que Kofi Annam condamne les caricatures et que le Hamas propose ses bons offices, bref que chacun, Jacques Chirac compris, s’emploie à l’apaisement, Charlie Hebdo, non seulement persiste mais promet de publier les dessins du concours sur la Shoah organisé en Iran. Une escalade, non dans la provocation, mais dans l’abjection.

Après avoir combattu en faveur du Traité européen, et succombé devant les électeurs, Philippe Val, son boutefeux de directeur et zélateur de sa liberté, met son héroïsme germanopratin au service de la lutte contre l’obscurantisme dont les 12 caricatures seraient, à ses yeux, les icônes emblématiques. Encore une fois, le voici désavoué. Selon un sondage CSA pour La Croix, 54 % des Français désapprouvent une telle publication.

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mercredi, 08 février 2006

Charlie Hebdo enfonce le clou

Charlie Hebdo enfonce le clou. Les organisations religieuses musulmanes de France avaient demandé, hier en référé, l’interdiction de l’hebdomadaire, fondé par François Cavanna, qui reprenait les 12 satires du prophète Mahomet incriminées, en y ajoutant des caricatures de son cru. Le tribunal n’a pas eu à examiner l’affaire, l’assignation était entachée d’un vice de procédure. Au demeurant, compte tenu de la jurisprudence, il aurait été très improbable que la justice ordonne la saisie du journal.

Je ne sais si une telle publication fera avancer le débat, comme le prétendent les journalistes de Charlie Hebdo, mais une chose est sûre : à défaut d’apaiser le climat, ces dessins satiriques font vendre. Business is business, la liberté du commerce fait, aussi, partie de nos droits fondamentaux. Le tirage moyen qui est, à l'ordinaire, de 100.000 a été porté à 160.000 exemplaires.

mardi, 07 février 2006

Le Temps du monde

Contrairement à ce qu’elle laisse entendre, la Déclaration universelle des droits de l’homme ne constitue pas, en fait, une universalité commune aux plus de 6 milliards d’individus peuplant notre terre.

Elle ne concernerait qu’environ 1,2 milliards de personnes vivant, principalement, dans les pays occidentaux et développés. A cet égard, niveau d’étude, croissance économique, respect des droits humains paraissent être en étroite corrélation. S’agissant de ces derniers, des régions comme la Chine, l’Asie, l’Afrique ou le Moyen Orient ne partagent pas nos valeurs démocratiques et se réclament d’autres cultures, incommensurables à la notre.


Il faut avoir cette évidence à l’esprit pour apprécier l’évolution de nos sociétés.

Notre système de pensée n’est pas majoritaire

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lundi, 06 février 2006

S'entendre

Le vouloir vivre ensemble, cher à Hannah Arendt, n’est pas pour demain à lire et entendre les commentaires, et réactions, faisant suite à la publication des caricatures du prophète Mahomet. Une telle précipitation dans l’intolérance n’est pas sans rappeler, d’ailleurs, l’éclosion des récentes violences urbaines ainsi que leur lecture par Alain Finkielkraut.


Il devient impossible d’entendre l’Autre dans son altérité, tant nous sommes englués dans le totalitarisme de nos certitudes. Nous exhibons nos convictions partisanes, tel le Saint Sacrement, et dénions à quiconque le droit de prétendre en divulguer une contraire. « Tolérez mon intolérance » disait Jules Renard. Tel est le nouveau credo de l’homme moderne.


Il ne s’agit plus de convaincre, mais d’imposer.

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mercredi, 01 février 2006

Mahomet : les limites de la caricature

L’affaire était passée presque inaperçue lorsque le journal danois Jyllands-Posten avait publié, le 30 septembre 05, des satires représentant le prophète Mahomet. Les protestations s’étaient circonscrites aux cercles diplomatiques. Mais la reprise de ces 12 caricatures par le magazine norvégien Magazinet, le 10 janvier, a mis le feu aux poudres et suscité un tollé dans toutes les capitales arabes allant jusqu’à menacer le Danemark et la Norvège d’un boycott de ses produits.


Entre les outrances du régime de Téhéran, et la victoire du Hamas en Palestine, le monde arabe n’avait pas besoin d’une telle surenchère sur le registre de l’intolérance. A croire qu’il s’agissait du but recherché.

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