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mardi, 13 février 2007
Combien ça coûte ?
L’interrogation est sous la plume de tous les éditorialistes. Combien coûtent les programmes de nos deux principaux (mais non exclusifs) candidats ? Avec l’éternel clivage voulant que la gauche soit dispendieuse et la droite bonne gestionnaire. Sur ce dernier point, douze ans de chiraquie ont vite fait de nous faire une religion.
Certes, l’antienne est bien connue de toute élection et, si nos prétendants à l’Elysée ne sont point avares de promesses, leurs financements restent, c'est la règle au demeurant, dans un flou assez artistique.
La nécessité de réduire la dette publique, avec la volonté de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires, liée aux exonérations de charges et aux indispensables largesses sociales, sans oublier le problème récurrent des retraites, nous interrogent sur le miracle à attendre de la nouvelle comptabilité publique.
Mais, heureusement, nos présidentiables vénèrent le culte de la croissance en qui ils voient le remède à tous nos maux. D’ailleurs, chacun y va de son pronostic : 2,5 % en moyenne.
Evidemment, la mauvaise nouvelle serait qu’elle ne soit pas au rendez-vous, obligeant le futur président à rabattre ses prétentions. Nul doute que, dans cette hypothèse, les vieilles recettes seront rappelées à la rescousse, notamment celles de l’audit. Vous savez, le bilan qu’un nouveau gouvernement fait, au nom de la transparence, du sortant et duquel il résulte, toujours, un écart entre les chiffres précédemment énoncés et la réalité. Cela permet d’invoquer les marges de manœuvres bien plus réduites que celles escomptées.
Peut-être faudrait-il, d’abord, apprendre à penser autrement.
A cet égard, il est assez remarquable de constater combien, dans la littérature économique, les théories d’augmentations des richesses nationales sont pléthoriques, alors que celles concernant leurs répartitions restent très confidentielles.
Et pourtant, nous ne pourrons longtemps faire l’impasse sur cette question tant elle est la pierre angulaire de notre devenir.
Continuer, comme nous le faisons, d’aménager à la marge un système libéral qui, un peu plus chaque jour, fait la preuve de son inadaptation au développement humain, revient à hypothéquer toute espérance des générations futures.
Le catalogue, à la Prévert, de nos challengers prend le citoyen au pied de sa maison et ne le mène guère bien plus loin. Il ne s’agit plus de construire un modèle social où les sacrifices des plus nantis seraient librement consentis au nom du bien commun.
L’heure des visionnaires est révolue. Voici le temps des comptables. Et rien n’est moins exaltant qu’un compte d’exploitation générale.
Le vouloir vivre ensemble cher à Hannah Arendt n’est pas pour demain.
Dessin : Delize
14:10 Publié dans Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, presidentielle































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