« Amnésie | Page d'accueil | Il a 150 ans, Madame Bovary »
mercredi, 07 février 2007
Caricatures : Faux procès
C’est un faux procès qui se déroule, aujourd’hui et demain, devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. La Grande mosquée de Paris et l’UOIF assignent Charlie-Hebdo pour avoir diffusé des caricatures de Mahomet, reprises par nombre de ses confrères qui ne sont pas poursuivis, déjà publiées par le journal danois Jyllands-Posten ainsi qu’un dessin de Cabu où le Prophète se lamente de n’être aimé que par des cons.
Les plaignants y voient une injure stigmatisant un groupe de personnes en raison de sa religion.
J’ai eu, ici, l’occasion d’écrire ce que je pensais de l’initiative de Philippe Val.
Toutefois, n’en déplaise aux protagonistes, il s’agit là d’un mauvais procès destiné à déboucher sur une impasse.
Sur un plan strictement juridique, la jurisprudence en matière de critique religieuse se veut extrêmement libérale. On se souvient de l’épisode de La Cène de Léonard de Vinci détournée à des fins publicitaire par François Girbaud. Si les organisations catholiques avaient eu gain de cause devant les juges du fond, la Cour de cassation a annulé, le 14 novembre 2006, l’arrêt de la cour d’appel prononçant l’interdiction de l’affiche.
Il existe, dans notre république, une longue tradition de pamphlets anticléricaux et les saillies contre la calotte n’ont rien à envier à l’humour yiddish et ses blagues stigmatisant les travers supposés les Juifs. Très peu d’atteintes contre le sentiment religieux ont pu prospérer devant les tribunaux.
Il est donc quasiment certain que les organisations islamiques seront déboutées de leurs actions. Et, c’est bien ce qui fera tout le paradoxe de cette procédure car, bien évidemment, les prévenus et leurs partisans crieront à la consécration d’une liberté d’expression absolue.
Si dans un Etat laïc la religion peut, et doit, être soumise à la dérision, comme tout autre courant philosophique, on ne peut, pour autant, pouvoir tout dire. Seul le fou dit tout ce qui lui passe par la tête rappelait Alain. La sentence sartrienne de l’engagement prend, dans cette affaire, tout son intérêt. Dans un monde où la globalisation semble avoir entraîné la sclérose de la pensée nous avons perdu le sens de la nuance et du relatif.
Ces publications, et l’exploitation qui en a par la suite été faite, célèbrent un amalgame simpliste entre Coran, Prophète, musulman, islamiste et terroriste peut propice a rendre compte de la complexité des liens qui unissent nos deux cultures. Nous oublions que notre système de valeurs est, encore, minoritaire sur cette terre et que d’autres vérités existent, avec lesquelles nous devons compter.
La liberté d’expression ne consiste pas, simplement, à pouvoir exprimer toute son opinion mais, aussi, à admettre que d’autres peuvent avoir un jugement contraire.
Il est assez remarquable de voir, ces derniers temps, les thuriféraires de la laïcité partir en guerre contre l’obscurantisme islamique en avançant la suprématie démocratique d’un Occident chrétien et d’une civilisation judéo-chrétienne seule capable de nous donner le chemin de l’ontologie. Il suffit d’écouter les incantations, en la matière, d’un Pascal Bruckner ou d’un Alain Finkielkraut.
Dieu est mort, disait Sartre, mais l'homme n'est pas, pour autant, devenu athée. Ce silence du transcendant, joint à la permanence du besoin religieux chez l'homme moderne, voilà la grande affaire aujourd'hui comme hier.
12:35 Publié dans Caricatures de Mahomet, Politique, Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique































Commentaires
Caricatures inutiles et indispensables...et de plus un journal n’est pas responsable d’une maladie.
Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.
Psychose hallucinatoire, délires mystiques, croyances, religions.
Après les primates, il y a eu des hommes dont certains souffrent d'une maladie nommée «schizophrénie»; lesquels dans leurs perceptions hallucinatoires croient entendre le Divin - et voient ses envoyés - leur donnant des ordres. Ils sont alors en certitude d’être désignés pour une mission divine.
D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés «prophètes» avec leurs écrits indiscutables.
De nos jours, ceux qui entendent des voix et qui ont la certitude que Dieu leur parle ; nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde (schizophrénie) sont traités en psychiatrie.
La psychose hallucinatoire, cette « maladie universelle » que l’on vous a appris à ne pas comprendre.
Ce qui est inscrit sur la notice pharmaceutique d’un antipsychotique de dernière génération : «... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées...».
Cette relation vous semble inadmissible, alors je vous mets au défi de citer une seule autre manifestation qui soit à la fois l’œuvre présumée de l’Au-delà et également les symptômes d’une maladie.
- Peut-on croire que Dieu parle toutes les langues ; NON, c’est votre psychose qui se manifeste de jour à la manière de vos rêves et cauchemars de nuit.
- Peut-on aussi remettre en cause la médication antipsychotique bien claire sur ce sujet.
Pas convaincu, c’est normal la manipulation mentale fonctionne de cette manière ; un psychiatre connu a écrit : « On doute de la réalité, on ne doute jamais de son délire ».
Il est temps de ne plus vénérer cette maladie extrémiste et en terminer avec la schizo. Que diriez-vous si l’on vénérait le cancer, le sida... toutes ces maladies qui rongent le malade, la famille et la société.
Un père en prise avec cette « maladie de la croyance totalement mystique».
Maurice Champion - http://monsite.orange.fr/champion20
Ecrit par : Champion | samedi, 10 février 2007
Les commentaires sont fermés.