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lundi, 29 janvier 2007
Duhamel for ever
Cela fait plus de quarante ans qu’Alain Duhamel sévit dans la chronique politique. Une sorte de Catherine Langeais du genre. Au fil du temps, il est devenu incontournable. RTL, France 2, France 5, Libération, Nice matin, DNA, et je dois certainement en avoir oublié, aucun média m’échappe à ses commentaires et portraits incisifs.
Pourtant, cet expert de la chose publique n’a rien vu venir de 2002, s’est planté en 2005 et a superbement ignoré l’ascension de Ségolène Royal dans son livre Les Prétendants 2007, réédité en poche et agrémenté d’un avant-propos ainsi que d’un portrait de la Dame du Poitou, en couverture, à la place de Noël Mamère.
Dans toute autre profession, une telle déferlante d’échecs imposerait la modestie, si ce n’est propulserait l’intéressé vers la sortie. Dans le domaine qui nous occupe elle assure, plutôt, promotion et notoriété.
Quand je parle d’Alain Duhamel, il faut y voir moins une attaque ad hominem qu’une figure de rhétorique tant le clonage, en la matière, paraît la règle. Il suffit de parcourir les éditions des principaux journaux pour être affligé par le manque d’originalité et la propagation d’une pensée unique. Jusqu’à leurs sites Internet où s’étalent, à l’identique et la faute d’orthographe près, les mêmes dépêches d’agences. Rien d’étonnant si le lectorat est en berne.
L’origine d’une telle situation se puise dans les rapports incestueux que les médias entretiennent avec le pouvoir. Dans aucun autre pays démocratique, un directeur de rédaction ne tolérerait qu’un journaliste continue de présenter les informations après son mariage avec un membre du gouvernement. Chez nous, le cas Schönberg ne pose guère de grand problème d’éthique. Par plus, d’ailleurs, que les liens nourris entre le président de TF1 et Nicolas Sarkozy.
Notre nouveau journalisme préfère les informations récoltées dans la salle à manger du ministre, sa maison de campagne du Pyla ou durant un week-end partagé en bonne, et galante, compagnie. Un déjeuner chez Lipp assure un bien meilleur papier que des investigations sur le terrain. Aujourd’hui, le scoop ne résulte plus d’enquêtes fouillées mais de fuites savamment organisées, au service d’intérêts partisans, pour lesquelles la presse est reléguée au rang d’instrument manipulateur. La diffusion des procès-verbaux de l’affaire Clearstream par Le Monde en est la plus parlante des illustrations.
Ainsi, nous est-il donné à voir une représentation de l’actualité telle que la conçoit une technostructure, totalement étrangère à la réalité du pays. Malheureusement, pour nos vaticinateurs, il arrive que celle-ci proteste comme elle l’a déjà fait pour la précédente élection présidentielle ou le referendum européen. Comme elle risque de le faire encore cette année.
Mais solidement campés sur leurs prophéties, nos haruspices auront beau jeu de marteler que le peuple a, encore une fois, tort et se remémorer le propos de Brecht : puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple.
17:17 Publié dans Présidentielle, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, presidentielle































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