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vendredi, 26 janvier 2007
Légèreté
Reconnaissons à Ségolène Royal un mérite incontestable : celui d’avoir tenu son engagement de faire, autrement, de la politique. Foin de la langue de bois, des tailleurs tristes et cravates en berne. Plus question de compromissions et de phrases assassines.
Tout chez notre Immaculée n’est que douceur, sourire et écoute. Elle a su nous mettre en garde contre ces politiciens qui promettent tout et ne tiennent jamais rien et nous prévenir de ces élites qui pensent tout savoir et se trompent constamment.
La candidate socialiste doit tout au peuple. Elle se veut avec et pour lui. Et comme tout ceux qui n’en n’ont jamais fait vraiment partie, ou l’ont quitté depuis longtemps, elle s’en construit une image d’Epinal. Aussi, se montre-t-elle spontanée, entière, humble. Elle n’est pas comme ces caciques et reconnaît son ignorance. C’est pourquoi, elle implore l’aide de l’intelligence collective des citoyens comme de celle des territoires.
Ses bourdes, à répétition, sont à mettre sur le compte de sa fraîcheur, de son inexpérience qu’elle porte en sautoir comme le Saint Sacrement. Elle est comme tout le monde. En somme, un vrai comte de fées. A Montluçon, elle n’était pas peu fière d’annoncer avoir eu au téléphone le Premier ministre du Québec en relevant qu’il avait parlé de moi avec son homologue canadien. C’était une blague d’humoriste. Preuve que la Dame du Poitou sait s’émerveiller de peu et accorder sa confiance avec ferveur.
Ne croyez pas que ses bévues la desservent ou ses plantages sur la scène internationale la décrédibilisent. La compagne du Premier secrétaire a placé les enjeux de son élection dans le panier de la ménagère, la cour de récréation et le salon où trône le poste de télévision. C’est-à-dire dans l’univers, qu’elle imagine, des classes moyennes pour lesquelles les grandes affaires du monde leur demeureraient étrangères.
La Vestale de nos désirs d’avenir aime le populaire. Elle voudrait être la parfaite représentation d’une simple citoyenne qui devient Président de la république. Elle a réussi, ce prodige, d’avoir fait oublier 25 ans de carrière débutée chez François Mitterrand et poursuivie dans nos palais nationaux.
Mais, il lui faudra être très prudente. Car, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, sa langue fourchera, encore, pour notre plaisir gourmand. Alors, si le 11 février, il lui venait la lubie de nous faire des propositions concrètes, articulées, à l’image du projet socialiste par exemple, nous risquerions de prendre l’exercice pour un canular.
La pensée de notre Madone des sondages est légère comme ces éphémères qui caressent, le soir, les grands lacs transparents. Baudelaire n’aurait pas dit mieux.
Le jour où elle s’installera, à l’Elysée, dans le bureau jadis occupé par De Gaulle, elle pourra murmurer, de contentement, je suis heureuse, que du bonheur ! Le reste a si peu d’importance. Après tout, la démocratie ce sera lorsque les cuisinières pourront être chefs d'Etat pronostiquait Lenine.
Dessin : Delize
19:35 Publié dans Présidentielle, Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, presidentielle, segolene royal, parti socialiste































Commentaires
Très beau texte, magnifique !
Le regretté Coluche doit se gausser dans sa tombe, lui qui disait "Je m'arrêterai de faire de la politique quand les politiciens cesseront de faire rire."
Mais n'oublions pas que Marie-Ségolène sait aussi élever le débat. Pour justifier la sanction de Montebourg n'a-t-elle pas dit : "On peut dire des bons mots, faire preuve de spiritualité, mais sans blesser ou sans dénigrer".
Voilà donc un message d'importance : le PS a retrouvé le sens de la transcendance, et ne bannit plus le sacré.
Maintenant que Sarkozy invoque Jaurès, verra-t-on par contraste le rosaire évincer la rose au poing ? Pour une fois, cette campagne ne manque pas de sel.
Ecrit par : furgole | samedi, 27 janvier 2007
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