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jeudi, 25 janvier 2007

Présidentielle : Les barbouzes sont de retour

medium_SARKOZY_Enquete_Delize.jpgEnfin, nous pourrions dire, les barbouzes sont de retour ! La campagne électorale peut vraiment commencer. Avouons qu’une élection présidentielle sans petites affaires, basses besognes et surtout illustrissimes notes blanches des RG manquerait de tenue.

Dans un article très détaillé, le Canard enchaîné révèle que nos braves pandores de la DCRG auraient planché sur l’entourage de Ségolène Royal et, particulièrement sur la vie privée de Bruno Rebelle, allant jusqu’à s’intéresser aux raisons de son divorce.


Protestations au Parti socialiste, démenti place Beauvau. Rien de nouveau sous les ors de la Ve République et parions que l’affaire retournera d’où elle est partie : dans l’ombre.

Au demeurant, ceux qui sont, un tant soit peu, averti des arcanes du pouvoir savent qu’il n’est pas besoin d’instructions ministérielles explicites pour voir nos James Bond s’intéresser aux personnalités politiques, surtout quand elles sont susceptibles de s’installer sous les lambris dorés de nos Palais nationaux. Comme leur nom l’indique, les Renseignements généraux sont chargés de… renseigner et l’ancien directeur général de Greenpeace France y avait déjà un dossier.

En outre, il faut être bien naïf pour imaginer un postulant à la magistrature suprême, par ailleurs Ministre de l’Intérieur, résister à la tentation d’utiliser ses services à l’encontre de son challenger. Même s’il y répugnait, ses conseillers se chargeraient de le convaincre.

La triste pratique de scruter, faiblesses, relents d’alcôves, appétences pour les honneurs et l’argent  est l’apanage du prince et sa curiosité n’est nullement réservée à ses opposants. Dans la quasi-totalité des cas, les affaires éventuellement débusquées ne connaissent jamais la lumière et restent classifiées. Nous devinons, aisément, qu’elles pourront servir un jour dans le cadre d’une négociation délicate.

L’opposition a toujours la volonté de limiter, voire supprimer, l’usage de cette basse police. Mais, devenue majorité, elle s’en remémore vite la nécessité.

Certes, il est choquant de voir un prétendant à l’Elysée utiliser les prérogatives régaliennes de l’Etat au bénéfice de sa campagne et l’éthique républicaine devrait imposer la démission de toute fonction, au sein de l’exécutif, des candidats en lice. Sur ce point la gauche a raison de protester, en oubliant que Lionel Jospin avait refusé d’abandonner Matignon en 2002 comme Edouard Balladur en 1995 ou Jacques Chirac en 1988.

La morale commence où s’arrête la police constatait Alain. C’est dire, qu’avec Nicolas Sarkozy, la moralité publique n’est pas pour demain.

Dessin : Delize

Commentaires

Mille fois d'accord avec vous, de telle pratiques crasseuses devraient disparaître. Mais aussi, que pensez-vous des propositions du sénateur Masson prévoyant des sanctions pénales à l'encontre des personnes exerçant des pressions ou des représailles a posteriori sur les élus habilités à parrainer des candidats ? Personnellement, je trouve cela excellent.

Le système du parrainage a à l'évidence évolué : de garde-fous visant à éviter les candidatures fantaisistes, il est devenu un véritable système de verrouillage du pouvoir en faveur des structures en place.

Je me suis laissé dire que seuls deux pays au monde ont un tel processus de présélection des candidats, à savoir la France...et l'Iran

Ecrit par : furgole | vendredi, 26 janvier 2007

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