« Equité libérale | Page d'accueil | Cent jours pour sourire »

vendredi, 12 janvier 2007

Mythologies

medium_Vernant_en_Grece_AFP.jpgIl ne mène pas la vie d’un homme celui qui ne s’interroge pas sur lui-même. De cette maxime socratique, Jean-Pierre Vernant en avait fait non une religion mais un sacerdoce.

 Reçu major à l’agrégation de philosophie, en 1937, comme son frère deux auparavant - le fait est suffisamment rare pour être signalé – grand philosophe, il l'a été assurément. Non pas de ceux qui en porte le label en sautoir comme le Saint Sacrement, à l’image d’un trop grand nombre de nos littérateurs d'aujourd'hui, mais qui prennent place parmi ces militants de la Sagesse pour lesquels l’intelligence se paie du prix de l’action.


La sanction sartrienne de l’engagement était, pour lui, moins une seconde nature qu’une évidence. Résistant de la première heure, il était compagnon de la Libération. Pour « JP », élu en 1975 professeur au Collège de France, les affaires de la Cité ne sauraient faire l’économie de l’ontologie.

Dans la lignée de Louis Gernet et Ignace Meyerson, il nous conte les mythes de la Grèce ancienne afin d’y débusquer les signes qui ont permis l'émergence de nos démocraties autour d’un idéal philosophique de raison, affranchie du religieux.

C’est dire combien son œuvre demeure contemporaine et nous ouvre la voie pour mieux comprendre le présent et construire notre devenir. Dans une époque gangrénée par une métaphysique de l’éphémère, il n’est pas inutile de se remémorer le lien qui unit, inexorablement, les hommes au-delà du temps.

Selon Euripide les secondes pensées sont les plus sages. Ce précepte, aura été pour Jean-Pierre Vernant la profession de foi de toute une vie. Avec sa disparition, à 93 ans, c’est l'exigence de vérité qui est en deuil.

Photo : AFP

Les commentaires sont fermés.