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lundi, 20 novembre 2006

Israël : Sale temps pour la paix

medium_GAZA_poursuite_des_combats_AFP.jpgLa musique est rodée depuis bien longtemps. Israël n’a jamais accepté que l’on puisse critiquer sa politique au Proche-Orient, en générale, et vis-à-vis de l’Autorité palestinienne, en particulier. Au mieux, nous sommes accusés de soutenir des terroristes, au pire nous ne sommes pas loin d’être taxés d’antisémites.

La réaction de l’Etat hébreu à l’initiative française, après le veto des USA au Conseil de sécurité, qui a vu l’Assemblée générale de l’ONU adopter, à une très forte majorité, une résolution demandant qu’il soit mis fin à toute forme de violence entre Israéliens et Palestiniens est à ranger dans la première catégorie.

Il est vrai que l’entrée au gouvernement, comme ministre des Affaires stratégiques, d’Avigdor Lieberman, leader extrémiste du parti raciste « Israël beytenu » n’était guère un signe d’apaisement des tensions entre Jérusalem et Ramallah. Il faut y voir, comme explication, la crise morale que traverse l’Etat juif.


Après les accusations de corruption à l’encontre du Premier ministre, Ehud Olmerth, celles de viol visant le président israélien, Moshe Katsav, l’incapacité de Tsahal à désarmer le Hezbollah, et la bavure de Beit Hanoun, décimant toute une famille dans la bande de Gaza, la nation israélienne doute d’elle-même et de ses dirigeants.

Alors que le gouvernement hébreu tourne en dérision la proposition française, espagnole et italienne, d’un règlement pacifique du conflit au Proche-Orient, qui sera soumise le mois prochain au Conseil européen, la paix dans cette région du monde n’est pas pour demain. Et l’idéologie sécuritaire étant le plus sûr remède pour divertir le peuple de ses maux, il est à craindre une nouvelle escalade meurtrière.

 L’espoir mis dans la nouvelle majorité du Congrès américain, afin d’inciter la Maison blanche à faire pression sur le gouvernement hébreu, pour qu’il refreine ses ardeurs belligérantes, doit être très mesuré. En effet, dans peu de temps, les Démocrates seront en campagne et ils n’ont guère les moyens de se couper d’un lobbying israélien, très actif aux USA, qui se révèle être un très puissant relais électoral.

En attendant, de plus en plus de Palestiniens jugent plus prudents d’emprunter le chemin de l’exil.

 

Photo : AFP

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