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jeudi, 16 novembre 2006
Libé : Le spectateur s'engage
Est-ce l’amertume, et la tristesse, d’avoir perdu leur directeur qui font le Nouvel Observateur prêter main forte à la manœuvre de l’ancien directeur de la rédaction du Le Monde dans sa conquête de Libération ? Toujours est-il qu’on ne peut voir une simple coïncidence dans la publication, in extenso, du (nouveau) projet d’Edwy Plenel pour s’asseoir dans le fauteuil de Serge July, au moment même où Laurent Joffrin rencontrait les salariés de Libé.
Que les choses soient claires : je n’ai de rapports personnels avec aucun des protagonistes. Mais je les ai lu régulièrement et connais leurs qualités directoriales. A choisir, très sincèrement je préfère le courage d’un homme qui connaît l’esprit du quotidien et n’a pas hésité à abandonner un poste autant convoité que sécurisant, en terme de carrière, pour s’engager dans le redressement d’un journal, avec toutes les incertitudes et les difficultés qui l’attende.
En revanche, j’éprouve une certaine méfiance pour les intrigues de celui qui a conduit Le Monde au bouillon (faudrait tout de même s’en souvenir) et dont le combat semble se résumer, du moins dans l’immédiat, à quereller contre le ministre de l’Intérieur candidat à la prochaine présidentielle. Le fait d’être activement soutenu, tant par le parti socialiste, notamment les proches de Ségolène Royal, que par Dominique de Villepin n’incite pas à me rassurer sur l’indépendance d’un titre que j’ai contribué à fonder sous l’égide de Sartre.
Au demeurant, la simple lecture de sa plaquette, si elle montre une méthodologie et propose des pistes de réorganisation, laisse intacte la question du financement et de la ligne éditoriale.
Par un miracle, que lui seul pourrait expliquer, le nouveau Libération, qui verrait ses effectifs passer de 285 à 219 salariés et sa pagination réduite, créerait un supplément haut de gamme hebdomadaire, vendu à 30 000 exemplaires, visant « une publicité luxueuse » à « 2.000 € la page » pour arriver, au final en 2008, à un déficit cumulé de trésorerie de 6 803 000 €, hors investissements, non financé.
Tout son postulat semble reposer sur une augmentation (considérable) de la masse publicitaire, notamment sur le site web revu et monté en puissance, avec une réduction des marges de régie. Un pari que n’eut pas renié Pascal mais se basant sur des données purement subjectives.
Il reste deux questions essentielles pour lesquelles aucune réponse n’est (encore) apportée : Qui va payer le déficit de structure et d’exploitation et, surtout, quel sera le contenu du Libé reconquit qui, seul, peut endiguer l’hémorragie de ses lecteurs ?16:40 Publié dans Libération, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique































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