jeudi, 07 septembre 2006

Natascha Kampush : Fascination

medium_Natacha_Kampesh_News_AP.jpgCapturée à l’âge de 10 ans Natascha Kampusch était, dans notre imaginaire, morte et enterrée. Quelque part c’était la réalité, mais au sens figuré. En réapparaissant huit ans plus tard, elle provoque stupéfaction et étonnement. Nous la pensions sidérée, elle se révèle une jeune fille posée, presque ordinaire.

Voila que ressurgissent nos délicieuses peurs infantiles du temps des contes de fées. Moitié Belle au bois dormant, moitié Petit chaperon rouge, elle doit son salut à cette effroyable alternative : fuir ou mourir, l’ultime échappatoire. Son histoire nous fascine au point que, dans notre société du trou de serrure, le public veut savoir à tout prix l’impossible vérité. Une formidable pression s’abat sur elle. Il y a dix ans, ses deux psychiatres auraient suffi à lui servir de rempart. Mais les temps ont changé durant cette vie menée entre parenthèses et il lui faut, maintenant, un conseiller médiatique, en la personne de Dietmar Ecker, afin de ressusciter au travers d’interviews donnés à la chaîne de télévision autrichienne ORF et au magazine News.


Sa liberté, Natascha la doit non aux recherches entreprises, mais à ces instants qui forgent les destins ; en la circonstance, la brève inattention de son ravisseur occupé à prendre un appel sur son téléphone portable. Ce sera, enfin, la fuite tant espérée. L’enfant, l’adolescente qu’elle était, s’est construit du regard de son ravisseur. De ne plus l’avoir à sa merci, ce dernier s'est suicidé. Elle en porte un peu de deuil.

Devenu adulte, elle s’expose à d’autres regards, les nôtres. Il faudra, peut-être, un jour, qu’elle s’en échappe pour que, de cette histoire, elle s’en construise une autre à la fois étrangère et familière pourtant. La sienne. Encore faut-il que nous sachions l’abandonner dans la quête solitaire de sa vérité et que nous prenions conscience que, dans cette tragédie, s’il y a beaucoup à entendre, il n’y a rien à comprendre et encore moins à juger.

Souvenons-nous de ces vers du Fou d’Elsa d’Aragon :

Toi te tournant vers moi tu ne saurais trouver

Au mur de mon regard que ton ombre rêvée.

Photo : AP 

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Écrit par : B.L. | jeudi, 07 septembre 2006

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