jeudi, 24 août 2006
Squatters de l'absurde
Pendant trois ans les anciens squatters de Cachan ont occupé un bâtiment désaffecté d'une cité universitaire du Val-de-Marne, aux sus et à la vue de tous. La majorité d’entre eux ont un travail et pourtant ils ne peuvent trouver un logement décent.
Après une expulsion très médiatisées, les autorités feignent de découvrir le problème et sont à la recherche de solutions durables, lesquelles consistent, pour l’essentiel, à leur proposer des chambres d’hôtel.
Depuis plusieurs années, le nombre de SDF ne cesse de croître. L’hiver dernier Médecins du monde (MDM) a proposé des tentes aux sans logis de la capitale. Courroux du gouvernement, malaise à la Mairie de Paris. Les riverains, particulièrement ceux de l’avenue de Breteuil et des berges de la Seine, sont indisposés par l’étalage, sous leurs fenêtres, de l’indigence. Ils préféreraient, sans doute, voir dormir ces malheureux discrètement à même le trottoir, loin de leurs regards. Après tout, nous sommes en été et coucher à la belle étoile, pour nos braves bourgeois, doit relever de l’esthétique.
Le 21 juillet dernier, Catherine Vautrin, Ministre de la cohésion sociale, a nommé une médiatrice afin de « faire un recensement complet des places d’hébergement disponibles, rencontrer l’ensemble des partenaires associatifs, les administrations publiques et la mairie de Paris, afin de recueillir leurs propositions et d’établir une médiation avec MDM sur le devenir des tentes ». A croire que la question serait toute récente. Nous avons même créé un Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ça ne s’invente pas !) afin d’étudier de près le phénomène !!
Il y a tout juste un an, 24 personnes périssaient dans les incendies de deux immeubles vétustes parisiens. Le Premier ministre avait claironné la construction de 5.000 logements d’urgence avant la fin du mois de mars… de cette année. Nous attendons encore.
L’habitation constitue le premier facteur de socialisation. Point besoin d’être grand clerc pour le savoir. Mais nous préférons nous voiler la face, laisser la misère se répandre, les files d’attentes des logements sociaux augmenter chaque année, et reléguer les habitants de nos villes de plus en plus loin en périphérie, faute de ressources suffisantes pour se loger intra muros.
Etre citadin est devenu un luxe. Et le sans abri marque la déchéance de celui qui n’a pu être accepté par le marché.
La « République du respect », dont on nous abreuve ces derniers temps, c’est aussi, et avant tout, de donner un toit à tous et de permettre à chacun de vivre décemment. A qui fera-t-on croire qu’il est impossible de reloger environ 90.000 personnes, qui se trouvent à la rue, dans la France du 21ème siècle ? C’est une simple question de volonté politique.
Sous un bon gouvernement la pauvreté est une honte disait déjà Confucius. Depuis rien n’a changé.
Dessin :Delize
19:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique































Trackbacks
Cachan et la Nausée
Le Bondy Blog a un billet intéressant qui humanise toutes ces personnes « sales » de Cachan dans lesquelles la France ne se retrouve pas ou ne se reconnaît pas. C’est vrai que les images de Cachan ne sont pas
Trackback par : Franceglobal.com | jeudi, 31 août 2006
Commentaires
Vous avez raison, c'est une plaie vive aux flancs de notre société. J'ai le coeur qui saigne quand je vois les SDF de mon quartier.
Quelle est la meilleure façon de l'éliminer ?Je n'ai pas de réponse certaine, mais je crois que les politiques actuelles font de l'investissement immobilier locatif le placement le moins rentable qui soit (avec en fait un rendement net réel négatif après déduction des nombreuses charges).
Au fil des années, une telle situation crée inévitablement une pénurie de logements, comme le ferait toute politique de blocage des loyers. C'est là une des rares choses sur lesquelles les économistes de tous bords s'accordent. Les logements devenant plus rares, les prix s'envolent. Aussi, les propriétaires étant totalement démunis en cas d'insolvabilité du locataire, ils multiplient les exigences de garantie avant de donner leur bien à bail.
Un véritable cercle vicieux
Écrit par : furgole | jeudi, 24 août 2006
Avrz vous signé l'appel de Cachan FCPE 94 (attention, ne pas confondre avec l'appel de Cochin)
Je vous en donne le lien, il est important de faire circuler, alors je compte sur la Fraternité:
http://www.fcpe94.ouvaton.org/article_petition.php3?id_article=21%2C&val_confirm=aKjqidNo#sp21:
Écrit par : QUENTIN | dimanche, 27 août 2006
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