« Fatalité ? | Page d'accueil | Houellebecq, le Goncourt atout prix - acte III »
lundi, 26 septembre 2005
Pauvres, les Enfoirés !
L’Abbé Pierre se souvient encore, avec émotion, du jour où, timidement, Coluche était venu lui déposer un chèque à titre de don. L’humoriste n’avait pas oublié son enfance difficile et ses jours de galère. Aussi, il y a vingt ans avait-il fondé les restaurants du cœur. Dans son esprit, l’entreprise devait être provisoire.5 millions de repas ont été servis, en trois mois, lors de la première campagne. Aujourd’hui, les restos du cœur en serve plus de 66 millions.
C’est dire qu’en 20 ans, au pays de la bonne bouffe, à l’époque des innovations scientifiques et techniques, la faim et la misère sont toujours présentes et les inégalités ne cessent de croître.
Dans son rapport annuel pour 2005, le programme des Nations Unies pour le développement note que « 40 % de la population mondiale vit dans un état d’extrême pauvreté, avec un revenu inférieur à 2 $ par jour. Un milliard de personnes ont moins de 1 $ pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Dans le même temps les 500 personnes les plus riches de la planète (selon le classement du magazine Fortune) possèdent, ensemble, la totalité des revenus des 418 millions les plus pauvres. »
Phénomène nouveau et inquiétant nous assistons dans les pays développés, et notamment aux Etats-Unis, à une tiers-mondialisation des populations les plus pauvres.
Dans l’hexagone, tandis que, selon La Tribune, les entreprises du CAC 40 battront cette année des records de bénéfices, nous peinons à endiguer un chômage stagnant à un niveau préoccupant. Une pesonne sur dix vit en dessous du seuil de pauvreté.
Nous prétendons pouvoir cloner des cellules vivantes mais nous restons dans la totale impossibilité de donner un toit et un repas pour tous.
Notre civilisation de la communication, si elle a permis une plus grande vision de notre univers, a entraîné une extraordinaire atomisation des consciences. Englué au centre d’une toile d’informations, dont la grille de lecture nous échappe, nous vivons dans l’illusion d’une maîtrise du monde.
Dans une conscience collective éclatée et un tissu social morcelé, l’homme peine à retrouver le sens de son destin. L’Etat se désinvestit de ses fonctions régulatrices au profit d’intérêts privés.
Nous en sommes à devoir créer un observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale pour déterminer pourquoi et comment des milliers de nos concitoyens vivent dans un état de grande précarité. Les observatoires sont à la mode d’ailleurs. A croire qu’il suffit de regarder pour connaître. Mais nous oublions que comprendre c’est objectiver, c’est-à-dire figer et mettre à distance.
Cocteau, dans le Testament d’Orphée, nous prévenait : la pire des choses qui puissent arriver à un homme c’est d’en juger un autre. Aujourd’hui, il pourrait ajouter : celui d’observer un autre homme dépérir, dans une indifférence générale.
Coluche n’avait pas eu besoin de se parer du manteau, et de l’alibi, des sciences sociales pour venir en aide à ceux qui souffraient. Il l’a fait dans sa solitude et sa détermination. Seule une réelle volonté politique peut permettre d’endiguer la misère. Il est, malheureusement, à craindre que les pauvres aient encore de beaux jours, comme les enfoirés !
09:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique































Commentaires
[999poèmesSERIEblogs]
138
l'enfance est timidement difficile
la volonté peine à endiguer l'univers
notre civilisation se souvient encore
[konsstruktVOUSaime]
http://www.konsstrukt999poemes.blogspot.com
Ecrit par : konsstrukt | lundi, 26 septembre 2005
Les consciences sont-elles à ce point atomisées ? Je constate avec effarement que cet article n'a suscité, depuis trois jours, qu'un seul commentaire...
Non seulement l'indifférence est générale mais lorsque nous nous indignons, c'est pour reprocher à l'Etat de n'avoir rien fait... Mais nous, qu'avons-nous fait ?
Ecrit par : Sophie Audousset | jeudi, 29 septembre 2005
Les commentaires sont fermés.