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jeudi, 22 septembre 2005

Fabius : tout commence par une brimade

Il fallait le voir Laurent Fabius, seul à la table du Premier secrétaire, lors des journées parlementaires du parti socialiste à Nevers. A croire que ses petits camarades lui faisaient la gueule. Il faut dire qu’après l’épisode de l’œuf à la fête de l’Humanité, l’ex Premier ministre socialiste semble traverser une mauvaise passe.

Arnaud Montebourg et Henri Emmanuelli ont préféré faire motion commune et négliger les appels de ralliement du député de Seine Maritime. Quant à la celle présentée par François Hollande, en proposant que tout responsable, qui ferait fi de la ligne du parti, soit exclu de la direction et ne puisse pas se présenter, en son nom, durant deux ans à une élection, elle vise nommément l’ancien numéro 2 et ouvre le sport favori de la rue de Solferino : la chasse au Fabius !

Mais si, en définitive, la stratégie de Laurent Fabius était la bonne ? Il faut y regarder de plus près.

Mieux que quiconque, il a perçu le morcellement de l’identité collective du pays, compris le premier l’impasse de la construction européenne et pris conscience des enjeux d’une mondialisation bouleversant tous les schémas préétablis.

Il en a tiré la conclusion d’une impossibilité de construire une politique pérenne autour des simples réformes sociales- démocrates proposées par la majorité du parti.

En bon élève de François Mitterrand, il sait aussi qu’une élection ne se gagne pas, simplement, sur une idéologie mais en tirant partie des positions de force.

Il est convaincu que le gentleman agreement, de façade, des présidentiables (et ils sont légions) du courant de François Hollande volera en éclats au fur et à mesure que se rapprochera l’échéance de 2007. Il fait donc le pari que la base des militants préférera se ranger sous la bannière d’un homme ayant démontré qu’il avait su être à l’écoute des Français, plutôt que de payer d’une défaite le prix des divisions.

Il pourra compter le moment venu, sur Arnaud Montebourg et Henri Emmanuelli. En vieux briscard du parti celui-ci sait que François Hollande, pris dans le jeu de ses propres alliances, n’a plus l’autorité nécessaire, ni la légitimité, lui permettant de leur assurer promesses et concessions. Et, hélas, il semble bien que les vieilles recettes d’hier continuent de faire les politiques d’aujourd’hui. Navrant, mais réel.

La solitude de Laurent Fabius constitue bien sa principale force, car il n’est tributaire que de lui-même et peut, à loisir, jouer sur les rapports de force gravitant autour de lui. Et, en la matière, il a été à bonne école.

Dans la vie, tout commence par une ballade, même dans les couloirs d’un congrès socialiste.

Commentaires

Dire de Fabius "Mieux que quiconque, il a perçu le morcellement de l’identité collective du pays, compris le premier l’impasse de la construction européenne et pris conscience des enjeux d’une mondialisation bouleversant tous les schémas préétablis.", ça serait presque comique si ça n'était pas ridicule. bien d'autres avant lui n'ont cessé de critiquer la construction européenne tellle qu'elle se déroule depuis 20 ans (et pas seulement dans les extrèmes nationalistes!).

Et je ne vois pas non plus en quoi le fait que Fabius ne soit aimé ni des militants ni des Français soit une force.

Et s'il est vrai que Mitterand a réussi à se faire élire par un virage à gauche, le sien avait pris plus de tant que celui de Fabius et sautait moins aux yeux comme étant une démarche purement démagogique et électoraliste. De plus, comme on dit, "chien échaudé craint l'eau froide": qu'est-ce qui prouve que les Français sont assez cons ou amnésiques pour se faire avoir deux fois exactement de la même manière?

Ecrit par : LordMitthrawnuruodo | jeudi, 22 septembre 2005

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